Robert Guédiguian a longtemps hésité avant de se décider à porter à l'écran, et accessoirement d'en écrire le scénario, l'histoire de Missak Manouchian, arménien et communiste. Je devrais dire, l'histoire du groupe Manouchian, de très jeunes gens révoltés par l'occupant allemand. Ils vont rentrer en résistance par des actes simples mais déjà très dangereux dans Paris occupé pour en arriver à des actes héroïques qui leurs coûteront la vie. «L'Armée du crime» raconte leur histoire. La fougue de la jeunesse, les doutes, les angoisses, les copains, les amours. Il raconte aussi une certaine idée du concept «d'identité nationale» et lui donne toute sa vraie valeur (bien loin de certaines plaisanteries médiatiques du moment). Il raconte enfin, l'histoire d'hommes et de femmes dont l'existence a été anéantie dans le cours dramatique de notre histoire récente. Un film essentiel.
« L'Armée du crime enregistre la peur, le courage, la veulerie (prestation impeccable de Jean-Pierre Darroussin en fonctionnaire zélé). En contrepoint : l'intimité des personnages, jamais sacrifiés sur l'autel du grand sujet, et une histoire d'amour fou, entre Missak et sa Mélinée d'épouse (Virginie Ledoyen). Sans mièvrerie, le romanesque sert l'énergie et la vitalité du film... Guediguian démontre aujourd'hui que la fiction historique convient à son talent, à sa sensibilité et à ses engagements de toujours. » Rue 89
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