

Mercredi 14 janvier à 18h00 – Le Benny’s Movie vous accueille pour une très belle séance et plonge dans un nomad’s land au fin fond de la France d’aujourd’hui avec « Laurent dans le vent ». Remarqué avec Mourir à Ibiza, le trio de cinéastes Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon signe un retour lumineux : un long-métrage alpin, utopique et décroissant qui fait du bien !

Laurent débarque dans une station de ski à l’intersaison, presque en hibernation. Il s’y sent immédiatement chez lui. Littéralement tombé du ciel, en fin de dépression, nomade et sans attaches (hormis sa sœur qui s’inquiète pour lui depuis Paris), il se laisse porter au gré des petits boulots et des rencontres.
Comme lui, les habitants à l’année cherchent une utopie de repli face à un réel décevant. Farès (Djanis Bouzyani) rêvait d’être danseur avant de se bricoler une vie de photographie des virages alpins. Sophia (Béatrice Dalle), mère célibataire, galère avec son fils de 23 ans, aussi inadapté socialement qu’enthousiasmé par la culture viking. Et toujours dehors, cette vieille dame qui défie la mort en robe de chambre…


Les habitants semblent en stand-by existentiel. On s’attend à ce que le mystérieux inconnu bouleverse le village, à la manière d’un Pasolini (Théorème). Dans le rôle de Laurent, Baptiste Perusat offre une physicalité malléable : un corps robuste et d’une grande douceur, une présence forte dans une enveloppe discrète. Ce film trace sa propre voie, entre fable mélancolique et comédie déflationniste
Laurent va mal, mais il a sa boussole : l’envie de se lier aux autres. Son désir envers autrui transcende l’âge et le genre, sans limite. Comme une douce fantaisie, le film avance à petits pas au gré des rencontres au creux de la montagne. Portés par une mise en scène élégante et discrète, une écriture d’une grande justesse, les trois réalisateurs font de chaque scène un éclat d’humanité, sans jamais tomber dans l’explication ou l’effet facile.

C’est le Benny’s Movie de ce début d année – c est ce petit bijou qui sera projeté mercredi 14 janvier à 18h00.
Une salle chaleureuse, une ambiance intimiste, une séance soigneusement choisies par Benoit Muller : venez – on se retrouve là-bas ?

