La Vie après Siham : Pour qui a connu le chagrin du deuil, ce film fait du bien


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Lundi 2 février – 19h00
Ciné Rencontre | Les Lundi du Ciné ’Va
Projection suivie d’un échange avec le réalisateur Namir Abdel Messeeh

Pour qui a connu le chagrin du deuil, ce film fait du bien. Au moment de la disparition de Siham, Namir n’a pas compris qu’elle était partie pour toujours. Dans l’esprit d’un enfant, les mamans sont immortelles…Namir et sa mère s’étaient juré de faire un film ensemble. Après sa mort soudaine, il se lance dans cette quête intime : plonger dans les archives familiales, exhumer les enregistrements de voix de Siham, interroger son père, retrouver sa tante au Caire… pour ressusciter sa mère, mais aussi pour percer le mystère amoureux qui entoure ses parents.

Sa mère, avant de mourir, lui avait promis d’être présente à la première projection publique de ce « drôle de film », depuis le ciel où elle était partie. Elle soutenait les projets de son fils, mais rêvait secrètement qu’il abandonne le documentaire pour une vraie fiction avec des acteurs – à la manière du cinéma de Youssef Chahine qui l’avait tant émue lorsqu’elle vivait en Égypte.

La Vie après Siham est un film de deuil sans absence. Au contraire, c’est un film qui déborde d’images. Quels secrets, quels non-dits, quelles excentricités se cachent dans les familles ? Namir Abdel Messeeh ose un cinéma profondément intime, conscient que filmer le présent, c’est déjà fabriquer des fantômes – Depuis qu’il manie une caméra, ce cinéaste d’origine égyptienne (ses parents sont des Coptes exilés en France) filme sans relâche sa famille. Mais il ne se contente pas d’une simple chronique : sa famille est pour lui une source infinie d’aventure cinématographique et d’inspiration.

La mort de Siham devient le point de départ. Artisan et interprète de son propre film, il replonge dans les archives, résout l’énigme du mariage tardif de sa mère, se pose la question cruciale : doit-il partager avec son père ce qu’il a découvert ?

Pour retracer la jeunesse de Siham, la rencontre de ses parents, leur vie entre Paris et Le Caire, il convoque des images de fictions – en particulier celles de Youssef Chahine. Une comédienne tirée d’un film des années 1960 se met soudain à incarner la mère de Namir. L’imaginaire se débride alors avec bonheur. Il filme aussi le temps qui passe : son père qui avance en âge, serein face au grand départ, et l’amour pudique qu’ils se portent enfin, le fils comme le père – alors que la communication n’a jamais été leur fort.

Pas de pathos inutile. Juste une caméra qui s’installe dans l’intimité d’un couple traversé par la séparation, et qui restitue une fiction qui aurait pu s’écrire entre Paris et Le Caire. Les clins d’œil au cinéma muet ajoutent une dimension poétique au geste artistique du réalisateur. La Vie après Siham, c’est l’art de transformer une autofiction en récit universel : Venez nombreux lundi 2 février à 19h pour cette projection suivie d’un échange avec le réalisateur !