LA FILLE DU KONBINI 05 février 2026 – En VO/ 19:00


Share

Jamais le banal n’aura paru donner un sens si profond et merveilleux à la vie. Avec une infinie délicatesse, la réalisatrice YÛHO ISHIBASHI livre le portrait subtil d’une jeunesse en quête de sens. En effet, comment donner du sens à l’existence, face à toutes sortes de crises sociales, environnementales et identitaires ?

En quête d’harmonie dans un monde incertain et fragmenté, a fortiori depuis la récente pandémie, nombreux sont ceux qui questionnent les normes pour mieux redonner une cohérence – et une valeur – à leur existence. Nozomi fait elle aussi le choix du pas de côté.

La jeune femme, à la carrière pourtant prometteuse, quitte sans crier gare le monde de l’entreprise dont elle est ressortie broyée, entre interminables heures sup’ et toxicité managériale. Dans une société où l’on recense d’innombrables suicides pour surmenage, La Fille du Konbini interroge la possibilité d’emprunter une autre voie : celle de la vie bonne. C’est ce que découvrira à sa manière Nozomi, une fois qu’elle aura dépassé sa peur du jugement pour mieux goûter aux plaisirs simples de l’existence.

À quoi aspire-t-elle ? pour l’heure, prisonnière d’un sentiment d’échec, elle est hantée par l’impossibilité d’en parler à ses parents. C’est finalement une retrouvaille fortuite avec une ancienne camarade de collège, Izumi, qui va lui permettre de renouer avec elle-même… et l’ivresse ! Avec une légèreté réconfortante, délicieusement décalée, Yûho Ishibashi saisit cette renaissance : derrière la désillusion du rêve salarial, elle fait surgir la tendresse du lien et la quiétude qu’on trouve à vivre hors du cadre.

Erika Karata, révélée en 2019 dans Asako I&II de Ryusuke Hamaguchi, brille une fois de plus en rendant palpables les tourments intérieurs de son personnage, avec un jeu tout en délicatesse. On suit son cheminement au fil des rencontres, ses doutes et ses fragilités, sans jamais céder au drame. Le film prend alors une voie inattendue : celle de l’amitié.

La Fille du Konbini est un beau manifeste générationnel, qui pose un regard apaisé sur la quête de liens authentiques.