
Souvenirs, souvenirs…
Voici Les deux films qui nous ont fait découvrir Rob Reiner, cinéaste aujourd’hui un peu oublié mais inoubliable – une sélection signée Ciné Squad, avec un tarif unique de 5 € par film (ou 4,50 € pour les moins de 18 ans).
À 16 h, rendez-vous avec l’épatant Stand by me, l’une des meilleures adaptations à l’écran d’une œuvre de Stephen King (qui a d’ailleurs participé au scénario). Subtil, drôle, mélancolique et profondément émouvant, ce film repose sur quatre jeunes héros absolument justes et captivants.

Toute la bande d’acteurs quasi débutants est formidable, à commencer par le lumineux River Phoenix, disparu.

Dans Stand by me, quatre copains partent le long d’une voie ferrée à la recherche du cadavre d’un garçon de leur âge, persuadés qu’il est mort. Ces deux journées initiatiques inoubliables font surgir la violence, révèlent les caractères et marquent la fin de l’enfance. Le film anticipe tragiquement le destin de River Phoenix. La chanson-titre de Ben E. King berce le spectateur dans une nostalgie lancinante, celle d’une Amérique de 1959 à jamais disparue.

Tout est dit, et magnifiquement dit, sur la difficulté d’être, de communiquer, la douleur de ne pas se sentir aimé, l’inégalité des chances et l’angoisse de ne pas être à la hauteur.
Dès 18 h 30, place à l’immortel Quand Harry rencontre Sally…

Près de deux millions de spectateurs en salles en France à sa sortie. Rob Reiner signe là un mélange détonant qui évite miraculeusement la guimauve, alors même que la structure classique – « deux personnages que tout oppose finiront ensemble » – est non seulement respectée, mais affichée dès le départ. De petites séquences avec de vieux couples racontant leur histoire d’amour servent de respirations et jalonnent l’évolution de la relation des héros au fil des années. Le happy end, annoncé comme inéluctable (le film s’ouvre sur du Sinatra), désamorce paradoxalement tout sentiment d’artificialité.

On suit alors les péripéties des protagonistes avec un plaisir jouissif. Au-delà de l’intrigue, Quand Harry rencontre Sally… brille surtout par la qualité exceptionnelle de son écriture, incisive et ciselée.
Bonus : La projection sera suivie d’une rencontre avec Esther Brejon, journaliste cinéma et créatrice du podcast Silence ! Elles tournent. Bonnes séances !

