

Comme ses deux interprètes principaux, Un monde fragile et merveilleux déborde de charme. Nés à une minute d’intervalle dans une maternité ébranlée par les bombardements, Nino et Yasmina tombent amoureux dans la cour de leur école et rêvent déjà à leur vie future, ensemble. Mais la vie les sépare brutalement à l’âge de sept ans. Vingt ans plus tard, des circonstances rocambolesques les réunissent à nouveau.

Pour son premier film, Cyril Aris donne chair à cette irrésistible attraction : peuvent-ils construire un foyer, avoir des enfants et croire en l’avenir dans un pays fracturé par la guerre civile ? Pour réussir sa vie, ou simplement pour être heureux, faut-il absolument rester à Beyrouth ?
Nino et Yasmina ne sont pas d’accord sur tout… sauf sur une chose : ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre.Véritable déclaration d’amour à Beyrouth et au Liban, tout en dénonçant les incapacités politiques du pays, Un monde triste et magnifique (titre original) séduit par son ton à la fois rassurant et mélancolique, ainsi que par le charme fou de son duo d’interprètes.

La réalisation, riche en retours en arrière, est pleine d’inventivité et de poésie. Le film est souvent drôle, avec un zeste d’amertume qui lui donne beaucoup de saveur. On y trouve une île mystérieuse et magique, une attendrissante déclaration d’amour des deux enfants dans un train désaffecté, une séance de photos touchante pour le passeport d’une fillette, une maison future dont on trace les pièces avec de gros cailloux sur un terrain nu, un échange de regards à travers la serrure d’une porte ou encore des lettres jamais envoyées…
Le charme opère pleinement.

En tant que comédie romantique, le film allie avec finesse les plaisirs simples de la vie, le romantisme adolescent et les perspectives parfois fermées d’une liaison que l’on sent fragile. Hasan Akil excelle dans le rôle de l’amoureux transi, tandis que Mounia Akl incarne avec fougue la sauvage des deux : indépendante, libre et fuyante à la fois.

