Les Lundis du Ciné ‘Va / REPLAY : LES VOYAGES DE TEREZA


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Ours d’Argent – Grand Prix du Jury au Festival de Berlin 2025

Quel plaisir que ce film brésilien et la bouffée d’oxygène qu’il nous offre !

Rarement on aura éprouvé un tel sentiment d’empathie envers des personnages inventés par Gabriel Mascaro , « jeune » cinéaste brésilien de 42 ans qui s’inspire ici de sa propre grand-mère, laquelle s’est lancée dans la peinture à l’âge honorable de 80 ans.

Ce qui commence comme une petite dystopie se mue progressivement en une échappée belle sur un fleuve au long cours, aux côtés d’aventurières bien décidées à profiter de la vie jusqu’au bout…

Avec Les Voyages de Tereza, Gabriel Mascaro signe une formidable invitation au voyage et une ode à la liberté, à la fois salutaire et joyeuse. Dans un futur proche, au Brésil, les personnes de plus de 75 ans sont invitées à ne plus « traîner dans les pattes » des actifs et sont parquées dans des colonies lointaines. Les Voyages de Tereza débute par des messages d’amour, mais finit par ressembler à une forme d’infantilisation. C’est en tout cas le ressenti de Tereza, 77 ans : une femme âgée, certes, mais terriblement indépendante. Pour échapper à cette absurdité, elle s’enfuit.

Le Brésilien Gabriel Mascaro construit un attachant récit picaresque autour du désir de vivre – de son héroïne. Ce savant mélange des genres donne au film sa personnalité singulière, notamment dans son traitement subtil de la science-fiction.

Poursuivie sur terre, Tereza tente sa chance sur le fleuve Amazone. C’est le royaume du réalisme magique, des rencontres improbables et embarque à bord d’un bateau de fortune conduit par un passeur un peu louche, consommateur de bave d’escargot bleu aux propriétés hallucinogènes.

Mascaro privilégie une chronique généreuse, où son héroïne mène littéralement sa barque. Le road-movie de Tereza se déploie au gré des rencontres, au milieu de la beauté envoûtante des paysages sud-américains.

Outre le propos social sous-jacent, traité avec humour, le film propose une perspective générationnelle intrigante. Après Amour Divin (2019), l’ambition de Mascaro se situe ailleurs : dans ce portrait d’un avenir qui appartient à deux femmes queer et septuagénaires, avançant selon leurs propres règles.

Les Voyages de Tereza est un vrai régal cinématographique !