Le pays d Arto / replay des Lundis du Ciné ‘ Va


Share

Peu d’images de ce cinéma parviennent jusqu’à nos écrans, même dans les festivals les plus pointus. Pour la plupart des spectateurs, l’Arménie reste une sorte de terra incognita cinématographique. C’est précisément cette sensation d’inconnu que partage l’héroïne du Pays d’Arto dès les premières minutes.

Que sait-on vraiment du cinéma arménien contemporain ?

Céline (Camille Cottin), française, arrive en Arménie pour régulariser la mort de son mari, Arto. Très vite, elle découvre qu’il lui a menti pendant toutes ces années : il a fait la guerre, usurpé une identité et est considéré par ses anciens amis comme un déserteur. Commence alors pour elle un voyage inattendu, une quête presque fantomatique à la recherche du véritable passé de l’homme qu’elle croyait connaître.

Son chauffeur de taxi le remarque immédiatement : à la façon dont elle scrute chaque parcelle de paysage par la fenêtre, il comprend qu’elle découvre ce pays pour la première fois. Céline est venue récupérer l’acte de naissance de son mari, afin que leur fils puisse hériter de la nationalité arménienne.

Mais au fil de son enquête, elle réalise que l’homme qu’elle a aimé lui a dissimulé non seulement son identité, mais aussi sa culpabilité profonde liée au conflit des années 90. Confrontée à ce fantôme, Céline croise sur sa route d’anciens combattants et de jeunes militants.

Ces personnages secondaires, loin d’être de simples faire-valoir, gagnent progressivement en épaisseur et en importance, jusqu’à devenir le véritable cœur battant du récit.

Avec une grammaire cinématographique volontairement simple et épurée, la réalisatrice arménienne Tamara Stepanyan réussit pourtant à maintenir un cap narratif clair et tendu. Elle nous offre une leçon d’histoire intime et sensible qui trouve son aboutissement dans une réconciliation émouvante.