Projection unique et exceptionnelle : DAO d’Alain Gomis au Benny’s Movie


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Alain Gomis filme avec justesse et sensibilité ce que signifie vivre entre deux cultures, entre l’Afrique et l’Europe. À l’affiche actuellement, DAO nous entraîne dans deux moments fondateurs : un mariage en banlieue parisienne et des funérailles en Guinée-Bissau. Au cœur de ces deux mondes, Gloria incarne le lien vivant entre tous.

Mère ici, fille là-bas, elle devient le fil conducteur d’une histoire qui dépasse sa propre trajectoire.

Avec un dispositif narratif audacieux et une mise en scène d’une rare fluidité, DAO parvient, en un seul mouvement, à raconter la vie d’une communauté tout en tissant les liens invisibles qui la traversent. Pour cette séance unique et exceptionnelle, quel meilleur endroit que le LeBenny’s Movie et l ‘éclairage de Benoit Muller ce Dimanche 31 mai à 16h45 pour découvrir ce joyau ?

DAO est un terme philosophique chinois qui signifie « la Voie », « le Chemin ». Le titre évoque le symbole circulaire de l’énergie originelle qui unit toutes choses dans la tradition taoïste. Il renvoie ainsi à ces deux cercles – un jardin de banlieue parisienne et la cour d’un village africain – que le film fait lentement converger jusqu’à les fondre en un seul.

D’une cérémonie à l’autre, entre passé et présent, vie et mort, réalité et fiction, Gloria se réconcilie avec son histoire, trouve enfin sa place et connaît un rare moment de paix. En resserrant son intrigue autour de ces deux événements structurants de la vie d’une famille franco-bissau-guinéenne, le réalisateur révèle en creux tout un passé qui enveloppe et façonne les personnages.

On devine les traces de l’immigration, chez ceux qui sont partis comme chez ceux qui sont restés. Il est question d’identité, de racines, d’un passé qui pèse autant qu’il unit – et qui, surtout, n’est plus à choisir.

Il est aussi question de transmission, de réalité et de fiction : A.Gomis intègre des séquences issues du casting lui-même, brouillant les frontières jusqu’à rendre le film profondément hybride…

Gloria est incarnée par la bouleversante Katy Corréa, qui n’avait jamais fait de cinéma auparavant. Sa fille Nour est jouée par D’Johé Kouabio, également à l’écran pour la première fois. Les présences, même fugaces, de Thomas N’Gijol, Samir Guesmi Ou Nicolas Bouchaud rappellent avec quelle finesse DAO tricote fiction et documentaire.

C’est un film sur la transmission et l’échange, ancré dans une histoire complexe. Les personnages sont profondément français tout en restant viscéralement liés à leurs racines guinéennes. Grâce à une mise en scène immersive et sensorielle, on est au plus près d’eux. La musique jazz, vibrante et improvisée, épouse parfaitement ce récit : DAO est un film vibratoire, généreux et profondément humain.