

Le Passage est un vrai thriller et un drame humain, construit sur une montée en tension permanente. Servi par une narration fragmentée et stylisée, le film bénéficie d’acteurs tous habités.
Cinq destins. Une mer. Une corde tendue entre la vie et l’abandon. Brandt Andersen entrelace ses récits avec une élégance rare : ses personnages se croisent sans se connaître, se répondent sans se voir. Docteur, soldat, passeur, poète, garde-côtes grec… Chacun cherche sa rive. Le montage, fluide et haletant, transforme la survie en suspense et l’exil en épopée intime.

Le Passage ne raconte pas « la crise des réfugiés ». Il délivre une expérience viscérale d’existence et de transformation. Plan après plan, il nous fait éprouver ce qu’être exilé, réfugié… Au cœur de ce récit choral audacieux, on suit cinq personnages aux intentions souvent opposées, tous rongés par le doute.

Stravos (Constantine Markoulakis), garde-côte grec bouleversé par le sort des malheureux qu’il récupère en mer. Marwan (Omar Sy), passeur sans scrupules et père attentionné, Mustafa (Yahya Mahayni), soldat syrien qui doute de sa cause, Amira, qui doit décider si elle quittera Alep au risque de mettre la vie de sa fille en plus grand péril et un poète (Ziad Bakri) qui fuit son pays avec sa femme et ses enfants…

On est tout immergé dans un monde en guerre quasi incompréhensible : Le Passage met en lumière le terrible sort des réfugiés, quelle que soit leur origine. Ce n’est pas un film Sur Les réfugiés : c’est un film où vous devenez le réfugié, le sauveteur impuissant, parfois même le passeur ambigu ou l’héroïque garde-côte.

Récompensé par plus de 40 prix internationaux, dont le Prix du Public à Deauville et le Prix de la Paix Amnesty International, Le Passage s’impose comme une œuvre universelle et nécessaire. Porté par les performances mémorables d’Omar Sy, Yasmine Al Massri et Yahya Mahayni, ce film de Brandt Andersen raconte avec force et émotion un chemin vers la liberté.

