

Avec Oklahoma Honey, Matthew McConaughey revient au premier plan dans un thriller américain qui lie la ruralité comme territoire de fiction. Le film se construit autour de l’apiculture, un univers où les rapports humains semblent obéir aux mêmes équilibres fragiles que ceux d’une ruche. C’est précisément là que réside sa singularité.
Amziah King, personnage charismatique doté d’un talent musical hors du commun, veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît soudainement, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié…

Oklahoma Honey est le deuxième long-métrage d’Andrew Patterson. Ayant grandi dans l’Oklahoma et proche du monde des apiculteurs, le réalisateur signe, six ans après L’immensité de la nuit, un drame rural et familial qui s’attache à restituer avec authenticité les habitants et les paysages de cette région. Principaux ou secondaires, chacun porte son bagage de vertus et de vices, parfois de manière déconcertante.

Patterson invite ainsi le spectateur à sortir d’un jugement trop facile et à accepter d’autres visions du monde.

Cette histoire centrée sur de si précieuses ruches devient à la fois l’occasion d’une belle solidarité communautaire et d’une lutte sans merci contre ceux qui tentent d’accaparer le miel. L’humour a aussi droit de cité et l’interprétation est un véritable régal : du solide Matthew McConaughey au méchant Kurt Russell, en passant surtout par la formidable Angelina LookingGlass, légère comme un papillon et qui pique comme une… Abeille.

En tordant les genres et les références cinématographiques à l’extrême, Patterson propose un cinéma qui suppose au préalable une confiance totale du spectateur. De fait, et contrairement à ce que l’on voit trop souvent, le scénario d’Oklahoma Honey reste imperméable à toute prédiction quant à la direction et à la tonalité que prendra l’histoire.

