

THE DOG STARS a le mérite de nous rappeler à quel point le réalisateur britannique est un immense concepteur d’univers : des vaisseaux inhospitaliers d’Alien au Los Angeles interlope de Blade Runner, en passant par la Rome antique de Gladiateur, son savoir-faire n’est plus à démontrer. Profondément mélancolique et souvent poétique, THE DOG STARS est une fable sociale bouleversante, à rebours de la science-fiction traditionnelle.
Dans cet univers-là, on ne se cache pas pour pleurer ; on n’hésite pas à montrer ses blessures intimes, ses pensées noires, ses remords comme ses regrets. Évidemment, cette adaptation du succès littéraire La Constellation du chien se veut un pamphlet écologique et une critique aiguisée de l’Amérique contemporaine et, par extension, de l’état du monde.

Pourtant, le cinéaste octogénaire réussit à enrober ses velléités revendicatrices dans un merveilleux écrin cinématographique, nous offrant un divertissement saisissant.
THE DOG STARS réunit à l’écran Jacob Elordi, Josh Brolin, Margaret Qualley, Guy Pearce, Benedict Wong et Allison Janney. Visuellement soignée et généreuse en scènes d’action spectaculaires, la mise en scène nous rappelle que l’on a affaire à un géant du cinéma.

Le film est porté par un style tantôt élégant, tantôt redoutable d’efficacité, et par une photographie qui privilégie les éclairages naturels. Sa science du montage, du cadrage et de l’action n’est jamais prise en défaut.

Loin des productions multipliant les lieux et les environnements, le long-métrage repose sur un nombre limité de décors. Cette économie permet de renforcer le sentiment d’enfermement des personnages. Même lorsque Hig prend les airs, le monde semble immense mais profondément vide. Ce contraste entre les paysages magnifiques et la situation désespérée des protagonistes fonctionne parfaitement. Le monde est détruit, mais la nature, elle, continue son chemin.

Pour ce retour à la science-fiction, Ridley Scott choisit la narration postapocalyptique, ou un virus a décimé toute la population mondiale. Quelques survivants se sont organisés ; beaucoup s’entretuent. Jacob Elordi incarne Hig, mécanicien de formation, qui a trouvé refuge auprès de Bangley, ancien marine pour qui la situation actuelle n’est pas tant une souffrance. Lui s’était préparé depuis longtemps à survivre en territoire hostile. Et si, au passage, il peut dégainer ses gros fusils, ce n’est pas pour lui déplaire. Le problème, c’est que le premier, hanté par son passé et par ceux à qui il a dû dire adieu, n’arrive plus à se contenter de cette existence sans lendemain. Même son fidèle chien Jasper ne lui permet pas de retrouver le sourire. Alors il va prendre le risque de se diriger vers Grand Junction, dont une voix à la radio lui a laissé l’espoir d’une vie meilleure, peu important les dangers encourus, parce que la mort sera probablement plus une délivrance qu’un châtiment…

