Vendredi 30 octobre : Halloween au Coluche avec L’EPJ et la Ciné Squad  


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Il existe des films dont certaines images restent gravées dans la rétine de l’esprit, plusieurs années après le visionnage. Comme une empreinte indélébile dans la mémoire cinéphile du spectateur, elles modifient, pour un temps, son rapport au réel. Par-delà la simple peur passagère, c’est bien la terreur que provoque Hérédité. Dans le cas de ce film, ce que l’on garde en mémoire se résume souvent à un plan précis : celui qui ouvre le récit. Un savant jeu de perspectives y désoriente durablement le spectateur tout en présentant, de façon détournée, le véritable sujet de l’œuvre. Moins une histoire de possession héréditaire qu’une descente aux enfers d’une mère de famille obsédée par le contrôle de sa cellule familiale, le film ose une mise en parallèle immédiate entre le contexte (une maison luxueuse) et le travail qui y est pratiqué (la mère conçoit des modèles réduits de maisons). Cette correspondance révèle l’emprise maladive et possessive du personnage central, interprété de façon magistrale et démente par Toni Collette.

La fracture qui s’ensuit au sein de cette famille un peu timbrée (père effacé, fils flippé, fille déphasée) se trouve ainsi mise en parallèle avec le doute naissant quant au rôle réel d’une grand-mère défunte, sur fond de sciences occultes, d’événements horribles et de deuil difficile.

Hérédité constitue une véritable palette de la figuration horrifique et s’impose déjà comme un film « culte », dans tous les sens que ce terme peut revêtir.

Scott Derrickson et C. Robert Cargill, le duo scénariste-réalisateur derrière Doctor Strange et The Black Phone, nous ont offert avec Sinister un film saturé de terreur atmosphérique. Une étude scientifique publiée en 2020, analysant l’augmentation de la fréquence cardiaque des spectateurs pendant le visionnage de cinquante classiques du cinéma d’épouvante, a désigné Sinister comme le film d’horreur le plus effrayant de tous les temps…

On aura rarement vu un film de genre aussi sombre, y compris dans sa forme : la caméra nous plonge souvent dans l’obscurité la plus complète, et la bande-son, qui oscille régulièrement vers la musique concrète, sait jouer avec nos nerfs.

Quant à l’histoire, régulièrement ponctuée de scènes tétanisantes de meurtres filmés en Super 8, fait que Sinister se vit comme une véritable plongée dans les ténèbres, de plus en plus désespérée et malsaine au fil de l’enquête.  

Ellison est un auteur de romans policiers inspirés de faits réels. Dans l’espoir d’écrire un nouveau livre à succès, il emménage avec sa famille dans une maison où les anciens propriétaires ont été retrouvés inexplicablement pendus. Dans le grenier, il découvre des bobines 8 mm contenant les images de meurtres d’autres familles. Qui a filmé ces tueries, et pour quelle raison ? Ellison enquête tandis que le tueur présumé, visible sur les films, menace de plus en plus sa famille. Avec une imagerie impressionnante de noirceur, Sinister est une franche réussite du genre et un film jusqu’au-boutiste comme on n’en voit que trop rarement.

Vendredi 30 octobre : Halloween au Coluche avec L’EPJ et la Ciné Squad   18 h : film Hérédité
20 h : apéritif offert
20 h 30 : animations et film Sinister Tarifs : 6 € / film • 4,50 € / film pour les personnes déguisées • ou 10 € pour la soirée complète