

Incontournable rendez-vous des cinéphiles, ce festival fête déjà sa 28e édition. Depuis près de trois décennies, votre cinéma participe avec enthousiasme à l’événement et vous propose une belle opportunité : (re)découvrir sur grand écran des films que vous avez peut-être ratés lors de leur sortie en salles, ou vous replonger avec plaisir dans des œuvres qui vous ont marqué en 2025.
Parmi la sélection : Sirat, La Petite Dernière, Black Dog , Nino, Valeur sentimentale, Mémoires d’un escargot, Une bataille après l’autre…
Et comme chaque année, deux avant-premières très attendues viennent enrichir la programmation !

Samedi 24 janvier à 18h00
Baise-en-ville de Martin Jauvat
Ce film a été primé sur scénario dans le cadre du Prix à la Création 2024 de la Fondation Gan.
Quand sa mère menace de le mettre à la porte s’il ne « se bouge pas les fesses », Sprite se retrouve coincé dans un sacré paradoxe : il lui faut son permis pour trouver un boulot… mais il lui faut un boulot pour payer son permis ! Heureusement, Marie-Charlotte, sa monitrice d’auto-école, est prête à tout pour l’aider – y compris à lui prêter son « baise-en-ville ».

Mais au fait… C’est quoi, exactement, un baise-en-ville ? Sprite finit par se faire embaucher par une start-up spécialisée dans le ménage de villas après soirées arrosées. Problème : comment se rendre sur ces lieux isolés en pleine nuit sans transports en commun ?
Sur les conseils de sa monitrice, il s’inscrit sur une application pour séduire des jeunes femmes habitant près de ses chantiers. Seul hic : Sprite n’est vraiment pas un grand séducteur.

Dimanche 25 janvier à 16h00/ Retransmission en direct de l’avant-première parisienne
À pied d’œuvre de Valérie Donzelli

Ce film raconte l’histoire vraie d’un photographe à succès qui plaque tout pour se consacrer à l’écriture et découvre la précarité. Avec cette adaptation du roman de Franck Courtès (paru en 2023), Valérie Donzelli signe son œuvre la plus âpre à ce jour.

La précarité vécue par les intellectuels bouscule les certitudes de la « bonne société » : c’est précisément ce que le film entend montrer. L’histoire suit la bifurcation radicale de Paul (Bastien Bouillon), ancien photographe de mode qui abandonne tout pour vivre de sa plume… sans que le succès ne vienne. Mais le sujet va bien au-delà de l’absence de gloire : il s’agit d’une quête presque mystique, obstinée, pour redonner du sens aux gestes les plus concrets. Inscrit sur une application de petits boulots, Paul devient un « jobber » et enchaîne les missions. Il se transforme peu à peu en page blanche sur laquelle les autres se reflètent. Il note tout : les détails insignifiants, une paire de chaussures, une chaussette trouée. Invisible mais poreux, il absorbe les existences qu’il croise. Autour de lui, Virginie Ledoyen, André Marcon et Marie Rivière forment un magnifique chœur de présences jamais réduites à de simples seconds rôles. Valérie Donzelli les filme avec une économie du geste et une épure qui collent parfaitement à la croyance intime de son personnage. Au fil des chantiers, Paul devient une pure silhouette physique – filmée sans pathos ni emphase, avec une sécheresse qui devient sa véritable force.

