FAIS-MOI UN SIGNE 06 février 2026 – En VO/ 18:45


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Adapté de l’essai autobiographique de Dai Igarashi, la réalisatrice Mipo O livre  ces un récit poignant qui révèle avec pudeur la complexité des sentiments familiaux.

FAIS-MOI UN SIGNE pourrait n’être « que » le parcours initiatique d’Haru, enfant entendant de parents sourds, tâtonnant dans cet entre-deux fragile où l’on apprend à traduire le monde des autres avants même de comprendre le sien. Au gré des rencontres et des épreuves, Haru réalise que la honte qu’il traînait ne venait pas de ses parents, ni de lui… mais d’une société trop bruyante pour écouter, frappée d’une surdité autrement plus profonde.

Comme nombre d’enfants de parents sourds, Haru avance en funambule : interprète malgré lui, témoin des micro agressions du quotidien, tiraillé entre ses rêves et la culpabilité de s’éloigner de ceux qui comptent sur lui.

Ses colères, ses fugues puis son départ pour Tokyo tracent le chemin d’un jeune qui cherche à se construire et finit par trouver sa propre voix. Sa quête d’autonomie se mue alors en quête de sens : comment trouver sa place quand on a grandi entre deux mondes ? D’une tendresse lumineuse, FAIS-MOI UN SIGNE explore cet amour qu’on croit inébranlable mais qui vacille sous le regard des autres et révèle parfois une force insoupçonnée.

On sourit souvent au cœur de cette famille qui devient un peu la nôtre, au point de ressentir presque physiquement les tiraillements qui traversent Haru et sa mère. Le film place la barre très haut dans la représentation de la surdité, refusant tout pathos : il montre des parents sourds non comme des icônes mais comme des humains entiers, drôles, imparfaits, aimants, tout simplement parents. Les silences, la langue des signes, le travail sonore se fondent dans une mise en scène d’une grande finesse… FAIS-MOI UN SIGNE distille scène après scène une émotion dense, vibrante, qui nous submerge comme une Grande Vague de Kanagawa.

On en ressort plus attentif à ces « autres mondes » qui coexistent sous nos yeux et peut-être un peu sans voix.