

D’après sa mère, Noé serait le fils caché de Kadhafi.
C’est le point de départ complètement barré de Les K d’Or, première réalisation de Jérémy Ferrari, qui arrive au cinéma le 11 mars 2026. On connaît Jérémy Ferrari pour son humour sans filtre, frontal, cash et toujours assumé avec intelligence. Un humour qui ne s’excuse jamais… et bonne nouvelle : pour son premier film, le comédien n’a clairement pas rangé ses griffes !
Il se met légèrement en retrait tout en restant omniprésent à l’écran, laissant volontairement la place à ses partenaires pour faire exploser la comédie.
Éric Judor part joyeusement en roue libre, tandis que Laura Felpin vole littéralement chaque scène. Totalement à côté de la plaque, premier degré jusqu’à l’absurde, d’une bêtise irrésistible : elle est tout simplement hilarante. Chaque apparition est un uppercut comique !
La grande force du film ? Un casting qui joue le jeu à fond et se délecte de l’humour parfois décapant de Ferrari. On sent une vraie liberté, un plaisir communicatif.

Devenu chasseur de trésors, Noé n’a plus qu’une obsession : retrouver l’or du leader libyen, éparpillé dans le Sahel après sa mort – l’or de son père. Pour y arriver, il a besoin des connexions de Zoulika (anciennement Louise), attachante et incontrôlable, tout juste sortie d’un centre de réinsertion civique après une arrestation à la frontière. Il leur faut une couverture pour passer les contrôles… et ça tombe bien : Ryan, malvoyant réac et puceau de 52 ans, a prévu de participer au célèbre Marathon des Sables et cherche des sponsors !

Noé veut récupérer l’or de son père, Zoulika passer enfin la frontière, Ryan réaliser son rêve de gosse : en route pour le Sahel ! Derrière la caméra, Ferrari s’en sort plus qu’honorablement. Son film fait exactement ce qu’on attend d’une comédie, avec même quelques plans aériens efficaces qui cassent la routine visuelle. Amateur de cinéma assumé, cela se voit : Les K d’Or est un véritable film de cinéma, généreux autant dans son image que dans ses dialogues.

Il y a de véritables trouvailles humoristiques, tant dans l’écriture des vannes que dans les situations. Côté rythme, l’expérience de la scène parle pour lui : Ferrari sait quand frapper, quand laisser respirer, quand relancer. Le timing est maîtrisé. Et derrière la farce se cache un drame humain assez profond. Le film aborde la paternité, la solitude, l’amitié… mais aussi des thèmes chers à Ferrari : la différence, l’acceptation de soi, l’absurdité du monde. Il met en scène des personnages en situation de handicap (et même un chien à trois pattes !) dans une volonté d’inclusion jamais forcée. L’objectif reste le même : rire de tout, et avec tout le monde.

C’est précisément là que le film trouve sa force : sous son vernis irrévérencieux, il déborde d’une humanité magnifique et communicative. Peut-être assistons nous à un tournant dans le cinéma français, avec des figures comme Artus ou Ferrari qui osent bousculer une vision parfois passéiste, où l’inclusion reste un enjeu majeur.
Les K d’Or (1h36 environ) – un film de et avec Jérémy Ferrari, Laura Felpin, Éric Judor – dès le 11 Mars au cinéma. À ne pas rater si tu aimes les comédies qui cognent fort et qui ont du cœur !

