

Le réalisateur Yuji Kakizaki emprunte aux codes du jidai-geki (films d’époque en costume), pour mieux les renverser dans un huis clos d’une rare densité sur les déchirements intérieurs d’un samouraï.
Vous rêviez secrètement d’être un samouraï ?SEPPUKU: L’HONNEUR D’UN SAMOURAÏ ne vous fera pas regretter cette vocation manquée…
À l’époque d’Edo, lorsqu’un délit était jugé, un samouraï pouvait être condamné au seppuku (littéralement : se donner la mort dans un cérémonial aussi codifié que sanglant). Il suffisait d’une maladresse infime pour qu’une vie entière bascule.


Il en va ainsi du destin de Kyūzō, vassal du shogun. Ce guerrier irréprochable, loyal jusqu’à l’abnégation, se retrouve contraint au suicide rituel pour une faute dérisoire : avoir éraflé l’arc de son seigneur.
SEPPUKU: L’HONNEUR D’UN SAMOURAÏ interroge de front l’absurdité d’un système. Le film ne fantasme rien, surtout pas les codes de l’époque : dans l’étau du rituel funèbre, Kyūzō demeure profondément humain, humble dans son rapport aux autres et au monde. Sa femme Yoshino, figure lumineuse, prépare avec une dignité déchirante la cérémonie mortuaire tout en protégeant du mieux qu’elle peut leur fils de la fatalité.
Plus encore : elle brave les interdits en apprenant en secret à lire et à écrire à leur servante d’origine paysanne. Les mots manquent pour traduire la beauté d’un tel geste de bienveillance clandestine. Dans une société obsédée par l’honneur, Yoshino incarne la vraie vertu…

Derrière cette reconstitution historique aussi sobre que poignante, SEPPUKU: L’HONNEUR D’UN SAMOURAÏ sonde les tourments intérieurs de son héros puisque être samouraï, au fond, tient moins de l’art du sabre que de celui de la lumière.

