

Depuis quelques semaines, le documentaire Alice au pays des colons du journaliste Yanis Mhamdi est diffusé dans un petit nombre de salles en France.
Mercredi 8 juillet à 20h, Enfants Forts et Istres Palestine Solidarité organisent une projection spéciale suivie d’un ciné-débat citoyen autour de ce film.
Journaliste et collaborateur du média d’investigation Blast, Yanis Mhamdi livre ici un documentaire en immersion, caméra à l’épaule.

Nous suivons avec lui le quotidien de deux Palestiniens de Cisjordanie occupée, qui résistent chacun à leur manière à la colonisation et à l’occupation israélienne. Loin des clichés habituels qui enferment la société palestinienne dans une double caricature – misérabiliste d’un côté, terroriste de l’autre –, le film nous fait découvrir deux parcours singuliers.
D’abord Alice Kisiya, Palestinienne chrétienne originaire de Bethléem et citoyenne israélienne. Elle mène une lutte patiente pour récupérer le terrain de son père, sur lequel se trouvaient le restaurant et la maison familiale. Sa principale arme demeure la visibilité : réseaux sociaux, soutien de responsables politiques locaux et présence régulière d’amis et de soutiens sur place.
On suit également Alaa Nasr, dans le village de Madama, près de Naplouse. Avec d’autres habitants, il résiste en restant sur ses terres. Chaque jour, il subit les contrôles abusifs aux checkpoints et chaque nuit, c est la peur d’une nouvelle descente de colons venus brûler voitures ou oliviers centenaires.


Les deux le disent clairement : ils pourraient partir, mais ils sont chez eux et resteront coûte que coûte. À travers ces destins, Alice au pays des colons révèle une réalité trop rarement mise en lumière : les multiples facettes de la résistance palestinienne.
Alice incarne une détermination sans faille, portée par l’espoir de récupérer sa terre, préserver son histoire familiale et sa dignité.
Comme l’écrivait Mahmoud Darwich : « Nous [les Palestiniens] sommes atteints d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. » Alice en est l’incarnation vivante. Alaa, lui, fait face à une situation encore plus précaire. Sans nationalité israélienne, il est plus exposé aux attaques régulières, aux meurtres et aux menaces constantes dans un village encerclé de colonies illégales.

Le film met enfin en lumière un aspect de la société israélienne : le caractère violent, haineux et raciste des colons de Cisjordanie, loin d’être marginal ou isolé.

Un phénomène systémique, nourri dès le plus jeune âge par une propagande agressive d’extrême droite.

