

Il y a des films qui commencent sagement… avant de basculer dans l’horreur. Obsession en est l’exemple parfait.
Curry Barker, jeune cinéaste de 26 ans et humoriste issu de YouTube, a tout pour lui : une équipe de passionnés qui privilégie le risque créatif à l’argent. Issu du monde des sketches et des courts-métrages d’horreur en ligne il n’a pas attendu la permission d’Hollywood pour imposer sa vision.

Lorsque le producteur James Harris l’a contacté pour adapter l’un de ses courts-métrages, le jeune réalisateur a osé proposer une idée totalement différente et originale : un thriller psychologique tordu intitulé Obsession. Contrairement aux studios hollywoodiens qui traitent souvent l’horreur comme une simple formule, Barker livre un cauchemar que vous pourrez savourer mercredi 17 juin à 18h30 ( interdit -16 ans).
Obsession commence comme un film pour ados américain classique : un garçon timide (Michael Johnston dans le rôle de Bear), une fille solaire et inaccessible (Inde Navarrette dans le rôle de Nikki)… Puis le vœu est exaucé et le spectateur bascule dans quelque chose de bien plus dérangeant.
Le film s’étire progressivement vers un malaise croissant, se distillant par petites touches, en crescendo, jusqu’à ne plus nous lâcher.


On se retrouve ainsi face à une horreur psychologique et organique magistralement maîtrisée et on ne sait pas si l’on voudra encore d’une relation après avoir vu ça… Sur ce plan, c’est une réussite totale !

Obsession débute comme une comédie romantique pour mieux nous entraîner sur les terres d’une fable horrifique tordue. Sous ses airs de film sentimental, on sent immédiatement que quelque chose cloche … Inde Navarrette (déjà vue dans Superman & Lois) livre une prestation hallucinante qui restera gravée dans les mémoires. Terrifiante, magnétique et d’une justesse folle, elle incarne une Nikki à la fois solaire et profondément inquiétante.

La mise en scène en clair-obscur de Curry Barker et la façon dont il la fait évoluer à l’écran accentuent cette peur insidieuse. Michael Johnston, quant à lui, compose un Bear attachant et terriblement humain, d’une vulnérabilité glaçante.

Dans cette analyse au scalpel des rapports amoureux toxiques, où les curseurs sont poussés à leur paroxysme, le film interroge aussi les comportements masculins, leur déconstruction depuis #MeToo, mais aussi leur part d’ombre et de lâcheté. Avec une mise en scène au cordeau, Obsession procure un vrai sentiment de terreur et de malaise singulier.
Merci Benoît Muller pour ce coup de cœur mensuel !

