D’un monde à l’autre : Un matin, le téléphone a sonné. J’ai décroché et mon monde s’est écroulé.


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Après la perte brutale de son meilleur ami, Jérémie Régnier entreprend un chemin de recueillement en rencontrant l’explorateur français Loury Lag, habitué à parcourir des territoires hostiles dans des conditions extrêmes. Ensemble, ils partent en expédition sur la banquise arctique. Avec pudeur et sensibilité, le documentaire interroge le deuil, la solitude et le lien invisible qui nous rattache encore aux êtres disparus.

Livrés à eux-mêmes au milieu du blanc infini, les deux hommes vont s’éprouver mutuellement, physiquement et émotionnellement. À l’origine de D’un monde à l’autre, il y a la mort tragique de Gaspard Ulliel, emporté dans un accident de ski. Pour son ami Jérémie Régnier, c’est une déflagration. « On dit qu’avec le temps, tout passe, même le chagrin ou la douleur. Moi, la mort s’est immiscée dans mes veines jusqu’à atteindre le cœur », confie-t-il au début du film, dont il est à la fois le protagoniste et le narrateur.

Il entrevoit pourtant une lueur en faisant la rencontre de Loury Lag. L’acteur décide de l’accompagner lors d’une de ses expéditions sur la banquise arctique. Un voyage qui se révélera bien plus éprouvant que prévu.

Porté par une sincérité évidente, D’un monde à l’autre est un documentaire difficile à juger avec les critères habituels.

Oscillant entre de somptueuses images de l’Arctique, voix off introspective et séquences plus terre-à-terre sur les préparatifs, le film adopte un dispositif assez classique. On sent pourtant chez Jérémie Régnier un besoin viscéral de se retrouver, ou peut-être de se perdre pour mieux se reconstruire, dans ce grand voyage vers l’inconnu.

Difficile de rester insensible à sa vulnérabilité. Évoquant son chagrin, ses regrets et ses doutes, l’acteur se met à nu, devant et derrière la caméra. L’ami disparu n’apparaît jamais à l’image, mais sa présence hante chaque plan.