

« La Bataille de Gaulle », diptyque consacré à l’homme du 18 Juin, sort sur les écrans ce 3 juin. Le premier volet, L’Âge de fer, est d’une maestria époustouflante, même s’il comporte quelques impasses historiques que l’on laisse volontiers aux historiens.
Le film suit Charles de Gaulle dans son aventure solitaire durant les années décisives où, depuis Londres et l’Empire colonial français en Afrique, il s’efforça de fédérer la Résistance contre l’occupant allemand. Révélé en 2019 par le haletant Le Chant du loup, le réalisateur Antonin Baudry adapte ici librement l’ouvrage de référence de l’historien britannique Julian Jackson, De Gaulle : une certaine idée de la France.

L’Âge de fer, qui couvre la période 1940-1942, adopte d’emblée une double narration. D’un côté, le parcours du général de Gaulle à Londres et en Afrique ; de l’autre, l’itinéraire de Fernand, un jeune étudiant parisien de 20 ans, qui brûle de rejoindre l’homme du 18 Juin après avoir entendu son appel à poursuivre le combat malgré l’armistice du 22 juin.
Porté par Simon Abkarian dans le rôle du Général, ce blockbuster historique aux grandes ambitions surprend par son humour distillé tout au long de la première partie.
Un casting de choix vient l’étoffer : Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz, Anamaria Vartolomei, Niels Schneider ou encore Karim Leklou.

Élocution martelant chaque syllabe, posture droite et inflexible, grands gestes… Simon Abkarian est très convaincant sous le képi aux deux étoiles. Figure solitaire mais indéniablement habitée, son De Gaulle coche toutes les cases attendues d’un biopic… à un détail près : l’humour.

Aussi déstabilisant qu’original, ce parti pris en désarçonnera plus d’un. « Les moustiques ne piquent pas De Gaulle. » Digne d’une Fait sur Chuck Norris, cette réplique frôle le ridicule. La scène est pourtant suivie d’un « cut » abrupt qui montre le Général allongé sur un lit d’hôpital, en proie à des hallucinations après avoir contracté le paludisme… à cause d’un moustique !

Conscient du potentiel de cette figure de chevalier errant de la Seconde Guerre mondiale, convaincu d’avoir raison contre tous, le film en joue avec malice. Plusieurs dialogues le comparent explicitement à Don Quichotte, un parallèle assumé par Antonin Baudry et que renforcent ces touches burlesques, déjà présentes chez Cervantès.

L’Âge de fer laisse surtout espérer que la seconde moitié soit encore plus incisive, notamment lors de la création du Conseil national de la Résistance autour de Jean Moulin (déjà incarné ici par Félix Kysyl). Pour le découvrir, il faudra patienter jusqu’au 3 juillet, date de sortie de la seconde partie intitulée J’écris ton nom.

