

Akinola Davies Jr. signe son premier long-métrage, un récit semi-autobiographique qui reconstitue la dernière journée d’un père avec ses deux fils dans une Lagos effervescente, à la veille d’un basculement politique majeur. Résolument poétique, Un jour avec mon père est une ode, une véritable lettre d’amour à cette figure à la fois admirée et fuyante, dont l’absence structure l’enfance des deux garçons…Nous sommes en 1993 au Nigeria. Le réalisateur fait une série de choix esthétiques qui participent déjà à définir son cinéma : tourné en pellicule 16 mm, le film déploie une palette de couleurs chaleureuses, légèrement délavées et une texture granuleuse qui installent un trouble visuel. Mais de quoi, au fond, cette hallucination est-elle la métaphore ?
Les images d’archives viennent fissurer la douceur onirique de la mise en scène et rappellent la brutalité de l’Histoire.
Le réalisateur alterne scènes intimes et plans plus larges du village ou de Lagos ; ces allers-retours de la caméra redoublent le mouvement constant entre rêve et réalité, entre souvenir reconstruit et présent historique.
Le récit oscille entre le regard des enfants et le monde des adultes, dans un balancement tendre, poétique, émouvant et parfois poignant. Avec ce premier long-métrage, Akinola Davies Jr. a donné vie à un moment suspendu et mystérieux, à la fois récit d’enfance et fresque politique à l’esthétique affirmée.

UN JOUR AVEC MON PÈRE- Festival de Cannes – Caméra d’Or – Mention spéciale 2025
BAFTA 2026 – Meilleur Premier Film : Rendez-vous lundi 18 mai dès 19 h.
La projection sera suivie d’une discussion en salle avec Fanny Robles, maîtresse de conférences à l’Université d’Aix Marseille.


