LES RENCONTRES DE LA CINÉ SQUAD : Avant-première de « La Gradiva » / L’amour n’est pas gravé dans le marbre !


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Samedi 19 septembre à 18h

C’est l’immense coup de cœur de ce Festival de Cannes 2026 et de la Ciné Squad. Des accents de Visconti, des clins d’œil à Pasolini, mais surtout un cinéma beau, tendre, drôle et bouleversant. La Gradiva est le premier long métrage réalisé par Marine Atlan, après avoir signé la photographie de pépites telles que Les Reines du drame, Jessica Forever et plus récemment, L’Engloutie. La voilà qui s’impose, avec La Gradiva, comme une cinéaste incontournable.

Le film impressionne par sa capacité à articuler l’intime et le politique sans jamais sacrifier l’un à l’autre. Derrière son récit touchant se dessine une réflexion particulièrement juste sur la reproduction des rapports de domination

Porté par une mise en scène sensible et un regard plein d’empathie, il transforme un constat social en une œuvre d’une belle élégance. Le périple d’une classe de lycéens à Pompéi. Entre quêtes d’identité et désirs, la jeunesse y est filmée dans toute sa complexité et son intelligence.

Le film hante l’esprit. On y suit un groupe de lycéens français, en particulier une fille et deux garçons, en voyage scolaire à Naples et Pompéi.

Le désir circule, les frustrations éclatent. Un large nuancier de sentiments compose cette fresque magnifique sur l’adolescence, doublée d’un portrait vif et juste de leur professeure.

Marianne Mercier (Antonia Buresi) est une professeure d’une quarantaine d’années, très attirante et extrêmement passionnée par son domaine. Elle emmène sa classe en voyage à Naples et à Pompéi, dans la région de Campanie, afin de leur enseigner l’éruption du Vésuve, les arts et la philosophie qui les accompagnent… Les élèves, attentifs, sont fascinés par ses enseignements et par le voyage. Ce parcours vise également à les soulager de l’anxiété liée aux résultats des examens, alors qu’ils attendent ceux d’entrée à l’université. Toni (Colas Quignard) est un élève intelligent, calme et sensible. Marianne lui en veut inexplicablement et l’humilie souvent devant les autres.

Il prend plaisir à la compagnie de Maurizio, qu’il a rencontré sur Grindr. Son amant va jusqu’à lui prêter son précieux scooter vintage pour qu’il puisse explorer la ville.

Le charmant Français s’intéresse particulièrement à cette région d’Italie car c’est là que sa grand-mère est née, avant d’émigrer en France… Toni est aussi le meilleur ami de James (Mitia Capellier-Audat), un ami très occupé à séduire plusieurs femmes à la fois…

Tchatche, tension, rires, intelligence, ardeur, émotion : il y a tout ça dans La Gradiva !

Étrangement présentée comme une « comédie », il n’y a presque rien de drôle dans La Gradiva. En réalité, ce sont les couleurs chaudes de l’été qui prévalent, en accord avec les émotions ardentes des jeunes personnages. Le titre vient d’une nouvelle de Wilhelm Jensen qui raconte l’obsession d’un archéologue pour un bas-relief représentant une femme qui marche (Gradiva en latin).

La Gradiva aborde un vaste éventail de sujets : archéologie, géologie, art, histoire, politique, race, genre, sexualité, différences culturelles (entre les Français solennels et les Italiens « heureux »), ascendance personnelle, et bien plus encore.


Avant-première de La Gradiva, premier long métrage de Marine Atlan
Projection suivie d’une discussion avec Damien Leblanc (critique et journaliste pour le magazine Trois couleurs), puis apéritif.