« L’Objet du délit » : Les Noces de Figaro & une comédie mordante et éclairante sur les relations hommes femmes après #MeToo.


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Premier long-métrage écrit et réalisé sans Jean-Pierre Bacri, son complice de toujours, L’Objet du délit suit Mirabelle, reine des réseaux sociaux, bien décidée à s’attaquer aux Noces de Figaro. Soutenue par un mécène qui rêve de finir dans son lit, la jeune femme veut donner à l’opéra de Mozart (et à la pièce de Beaumarchais) une couleur encore plus féministe.

Dans l’esprit de Beaumarchais et de Molière, Agnès Jaoui multiplie les quiproquos, les dialogues à double sens et les situations burlesques.

Le film commence volontairement par des personnages stéréotypés et des clichés pour mieux les faire voler en éclats. La réalisatrice réunit une galerie de figures truculentes, servies par un casting parfait.

Hannah (Agnès Jaoui), la diva vieillissante qui incarne la Comtesse. Suzanne est jouée par Sophie (Tiphaine Daviot), jeune chanteuse inexpérimentée imposée par son père, le principal financeur du projet. Figaro est incarné par une chanteuse noire (Eye Haïdara).

On retrouve également Samir (Oussama Kheddam), le régisseur qui ne connaît rien à l’opéra mais qui en tombe amoureux – et de Clothilde (Lucie Gallo), l’assistante de Mirabelle. À la baguette : Igor (Daniel Auteuil), ex-mari d’Hannah, particulièrement mal à l’aise depuis qu’une cantatrice a menacé de révéler le nom de dix hommes l’ayant agressée sexuellement par le passé…

« Peut-être que j’ai un peu insisté. À l’époque, les hommes insistaient jusqu’à ce que les femmes disent oui », confie-t-il avec inquiétude.

Plus qu’une comédie lyrique qui nous offre le plaisir d’entendre les plus beaux airs de Mozart, L’Objet du délit fait surtout entendre toutes les voix et tous les points de vue sur les questions soulevées par #MeToo. Au château de Lacoste, pendant les répétitions de l’opéra, l’équilibre de la troupe vole ainsi en éclats lorsqu’une accusation d’agression sexuelle vise le premier rôle masculin. Le film explore alors, avec finesse et humour, les tensions générationnelles et les rapports de pouvoir, faisant écho à l’intrigue originale centrée sur le droit de cuissage !

Dans ce climat électrique, les répétitions avancent tant bien que mal… jusqu’à ce qu’une nouvelle accusation d’agression sexuelle éclate : qu on se le dise « Le vieux monde est mort, il faut s’y faire. »