

Présenté en avant-première à l’occasion de la toute première édition du FESTIFF à l’Isle-sur-la-Sorgue, le nouveau long-métrage de Jean-Luc Gaget, Une fille en or, a été chaleureusement applaudi par le public.
C’est l’histoire d’un amour des contraires, un conte à la fois tendre et drôle que nous livre, presque par surprise, le réalisateur. Pour son deuxième long-métrage – après J’ai tué Clémence Acéra en 2001 –, le cinéaste, bien connu pour son talent de scénariste, nous emmène aux antipodes de son premier film, un thriller psychologique sombre.

Il s’empare ici de la comédie romantique avec sa touche personnelle : douceur et humour loufoque. Le jour où Clémence (Pauline Clément, de la Comédie-Française) prend conscience que personne ne l’a jamais vraiment admirée, son père meurt. Petite sœur d’une aînée aussi belle que brillante, maladroite et un peu perdue dans sa vie, Clémence n’a d’autre choix que de reconstruire une estime de soi qu’elle ne soupçonnait pas si fragile. Le destin met alors sur son chemin son nouveau patron, Paul (Arthur Dupont), surnommé « Paul Pot » en raison de son comportement tyrannique.

Deux mondes que tout oppose.
Tout commence dans un groupe de parole. Dans une salle triste à mourir, aux murs blancs, un coach anime une séance avec quelques « brebis égarées » en quête d’un peu de confiance en elles. Parmi elles, la grande rouquine au visage long et anguleux esquisse de petits sourires gênés. La question du coach tombe sur elle : « Et vous, Clémence, qui vous a un jour admirée ? » …Depuis l’enfance, celle que son père surnommait affectueusement sa « petite numéro 2 » et qu’il oubliait de remercier lors de son discours d’anniversaire, n’a jamais vraiment trouvé sa place. Études inachevées, petits boulots précaires, chômage…

Aujourd’hui, son appartement est envahi depuis trois ans par un colocataire artiste, fantasque et égocentrique, qui couche avec elle quand cela l’arrange. Mais cette grande question de l’admiration va devenir le point de départ d’une quête personnelle et d’un amour inattendu. Clémence se souvient alors de la seule personne qui l’ait jamais admirée : Quentin (Quentin Dolmaire, parfait), son camarade de CM2.

Il y a quelque chose de magique dans la réalisation de Jean-Luc Gaget : ce conte aux personnages si caricaturaux fonctionne pourtant à merveille.
Chaque personnage est délicieusement « trop », poussé au superlatif, à l’image des dizaines – voire des centaines – de post-it que Paul le tyran colle partout dans les parties communes de l’immeuble de la sœur aînée de Clémence, Bianca, pour se plaindre du bruit, des poussettes qui traînent… De tout !

Un conte où l’on ne s’étonne même pas qu’un voyant prédise à Paul qu’il va rencontrer la prochaine femme de sa vie au sein de son entreprise, qu’elle adore jouer au Scrabble et qu’elle a eu « un zona au niveau des parties intimes et qu’elle aurait mieux fait de porter une jupe pour que ça la démange moins ». Avec Une fille en or, Jean-Luc Gaget nous offre une grande scène de théâtre sur grand écran : tendre, drôle et délicieusement excentrique.

