« Vivaldi et moi » : Damiano Michieletto, grand metteur en scène d’opéra, signe son premier film.


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Présenté au Festival de Toronto cet automne, Vivaldi et moi sort enfin en salles. Le réalisateur italien y raconte l’histoire de Cecilia, une jeune orpheline élève du « Prêtre roux ».

Inspiré du roman Stabat Mater de Tiziano Scarpa (Einaudi, 2008), le film nous plonge dans le Venise du XVIIIe siècle.

À l’Ospedale della Pietà, le plus célèbre orphelinat de la ville, les jeunes pensionnaires reçoivent une éducation musicale d’exception. Chaque dimanche, cachées derrière une grille, elles enchantent le public lors de concerts qui attirent les familles les plus fortunées…

Cecilia, 20 ans, virtuose du violon, n’a jamais perdu l’espoir que sa mère vienne un jour la chercher. Lorsque Vivaldi, alors en difficulté financière, est nommé professeur à la Pietà, il reconnaît immédiatement son talent et la choisit comme premier violon.

Mais le destin de la jeune fille semble déjà scellé : à la fin de la guerre, elle doit épouser un militaire qui a déjà versé une avance à l’institution.

À travers cette rencontre artistique et humaine, le film révèle le fonctionnement de ces orphelinats musicaux, leur dépendance aux dons des riches mécènes, mais aussi la réalité souvent cruelle du sort réservé aux jeunes filles : abandonnées à la naissance, élevées pour servir la réputation de l’institution, puis « vendues » en mariage.

Porté par une musique magnifiquement utilisée – tantôt expression du don de Cecilia, tantôt écho de la création vivaldienne –, Damiano Michieletto signe un premier film sensible, intelligent et profondément émouvant.